Les glaçures aux cendres de bois - 3e et dernière partie

Je conserve toujours mes restes de glaçures que j'ai testé un certain temps avant de m'en débarrasser. Je commençais tranquillement à faire le ménage, comme la fin de mon projet approchait, quand j'ai réalisé que je n'avais jamais testé les glaçures aux cendres que j'avais modifié sur autre chose qu'une pâte céramique blanche... Je ne sais pas pourquoi je n'y avais pas pensé avant, mais maintenant que cette évidence m'avait sauté aux yeux, il fallait absolument que je teste ces glaçures sur le grès gris (542 de PSH) que j'utilise à l'atelier, et sur la nouvelle pâte que je venais de développer. Et les résultats m'ont agréablement surpris...

De gauche à droite : Martell Nuka I (+ 5% de rutile), Martell Nuka I (5% zircopax) + 25% EPK, Martell Nuka I - V2 (5% zircopax), Ash One (+10% zircopax), Ash One - V2 (+ 4% zircopax), Nuka Like Ash Glaze, Nuka Like Ash Glaze - V2 (+ 4% dioxyde de titane), R AS Nuka. Toutes les recettes se trouvent dans la publication précédente sur les glaçures aux cendres.

Étrangement, sur la pâte 542, une seule glaçure tressaillait, (Martell Nuka I + 5% rutile) alors qu'elles tressaillaient toutes sur du grès blanc! J'avais déjà entendu que des glaçures pouvaient réagir différemment en fonction de la pâte qui est utilisé, mais franchement, je ne m'attendais pas à ça... Il pourrait s'agir du coefficient de dilatation de la pâte qui s'accorde mieux avec les glaçures : le tressaillage est dû au fait que la glaçure se contracte davantage que la pâte, d'où le minuscule réseau de craques qui se crée sous l'effet de la tension.

Il se pourrait aussi que ce soit des éléments contenus dans la pâte qui viennent réagir avec la glaçure et qui empêchent ce défaut. Je ne saurais dire la raison, mais clairement, il semble s'agir de combinaisons plus compatibles.

Sur la pâte que je venais de développer par contre je n'ai pas eu autant de chance...

Le tressaillage n'est pas aussi intense que sur de l'argile blanche, mais il demeure présent à petite dose sur la plupart des glaçures...

J'évalue souvent le tressaillage une première fois avec de l'encre de Chine. Dans l'absence de mini fissures dans la glaçure, je procède ensuite au test chaud/froid et je fais à nouveau le test à l'encre de Chine pour voir si le choc thermique n'aurait pas révélé le défaut... Du tressaillage s'est effectivement révélée sur toute les glaçure sauf Martell Nuka I – V2...?

Afin d'en être certaine, j'ai décidé tester différentes densités relatives : pour éviter le tressaillage, une application plus mince de la glaçure peut être nécessaire. Sur la photo ci-bas, le premier test à gauche est donc à 1.45, le suivant à 1.41, ensuite 1.38, 1.34 et finalement 1.31. À moins de 1.41, la glaçure semble un peu trop mince et commence à être rêche. À 1.45, il y a une légère trace de tressaillage au bord supérieur droit (pertinent ici de préciser que je fais toujours un double trempage sur la partie supérieur de mon tesson). À 1.41, aucune trace de tressaillage... Est-ce que j'avais trouvé là ma combinaison gagnante?

Cindy Labrecque tient à remercier le Conseil des arts et des lettres du Québec pour son soutien financier qui a permis la réalisation de ce projet.

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