LE DÉVELOPPEMENT D'UNE PÂTE CÉRAMIQUE – Argiles locales et rebuts céramiques – partie II

Après avoir fait un premier laboratoire triaxial, j'avais maintenant un résultat que je souhaitais explorer davantage à cône 6. Afin de pouvoir évaluer le retrait, la densité et le gauchissement, je devais dans un premier temps faire des plaques tests. Comme j'avais 2 argiles locales sous la main, j'ai décidé de faire un test avec chaque argile, la recette étant 50% d'argile locale, 25% de rebuts céramiques 60M et 25% de ball clay. Comme vous pouvez voir, les 2 barres tests ont gauchit à la cuisson et semblent surcuites, à en juger par l'effet un peu brillant que prend la céramique. Les 2 argiles donnent aussi des colorations différentes à la pâte.

Je devais donc augmenter légèrement le point de fusion de la pâte. Pour ce faire, je pouvais réduire la quantité d'argile locale. Cependant, comme cette dernière aidait grandement à la plasticité du mélange, j'ai cru bon augmenter le ball clay. Comme je l'avais mentionné dans ma publication précédente, le mélange 50/50 ball clay et rebuts céramiques n'était pas du tout plastique alors que l'argile locale présente une excellente plasticité. J'ai donc fait un laboratoire pour tester quel serait le ratio idéal ball clay / rebuts céramiques afin d'augmenter le point de fusion sans perdre en plasticité au final. J'ai donc découvert que pour 50% d'argile locale, 30% de ball clay devraient convenir pour 20% de rebuts céramiques.

J'ai refait une plaque test pour constater qu'elle gauchissait encore un peu (photo ci-bas, plaque en haut à gauche). J'ai donc décidé de réduire la proportion d'argile locale, de 5%, puis de 10% (2 et 3 plaque à gauche).

Puis, comme c'est l'argile de Limoilou que je comptais utiliser pour mes prototypes finaux, je l'ai utilisé dans la recette, et j'ai poursuivi la diminution d'argile locale dans le mélange par incrément de 5% afin de m'assurer d'obtenir un résultat qui ne surcuirait pas à cône 6 (colonne de droite). Les derniers tests étant très près du 0% d'absorption, cela me faisait craindre la surcuisson. J'ai trouvé que les résultats les plus intéressants (taux d'absorption entre 1 et 2%) impliquaient de réduire l'argile locale à un taux d'au maximum 35% du total de la recette.

J'ai aussi fait des tests de tournage. La plasticité du mélange n'est pas parfaite, mais la pâte se tourne bien et les rebuts céramiques donnent du corps. Par contre, j'ai été surprise de constater que même à 60 mailles et plus, les rebuts céramiques font tout de même l'effet de du sable dans la pâte, ce qui la rend un peu dure pour les mains. Il est certain que je ne ferais pas toute ma production avec une argile aussi grossière! Je crois que d'utiliser des rebuts à 100 mailles ou plus fins pourraient vraiment faire la différence... Ce sera à tester éventuellement!

Pour le moment, j'avais réussi à obtenir une pâte acceptable qui intégrait tout de même plus de 25% de rebuts céramique et l'équivalent en argile locale... C'est un bon départ! Et cela fera parfaitement l'affaire pour mes prototypes finaux!

Cindy Labrecque tient à remercier le Conseil des arts et des lettres du Québec pour son soutien financier qui a permis la réalisation de ce projet.

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