Quelques derniers tests en bonus!
Je ne pouvais pas terminer le projet avant d'avoir fait quelques derniers laboratoires. En fait, je me suis gardé le plus facile et le plus simple pour la fin ;)
Comme j'ai pu constater précédemment, il est effectivement possible d'utiliser des coquilles d'oeufs dans une glaçure comme source de calcium, à condition de les calciner, de les broyer et de les tamiser au préalable (j'en parle dans ce billet blogue).
Comme la recette de glaçure blanche lustrée que j'utilise à l'atelier contient du carbonate de calcium, et qu'il est possible remplacer ce dernier par des coquilles d'oeufs, il fallait bien que je l'essaie!


Le résultat est toujours blanc lustré, mais il y a un léger moucheté, qu'on voit mieux sur le tesson en grès blanc. J'aime vraiment beaucoup l'effet! Je ne sais pas si c'est dû à la grosseur des particules des coquilles d'oeufs, que j'ai tamisé à 80 mailles (ce qui est quand même grossier pour une glaçure). Pour valider mon hypothèse, je devrais tamiser plus finement mes coquilles d'oeufs et refaire un test de glaçure. Je me le note pour le tester plus tard, mais comme ça, j'avoue que ça me plaît déjà!
J'ai aussi testé la glaçure sur des tessons de pâtes colorées, mais détail important, ces tessons étaient crus alors que le tesson de grès blanc était biscuité. Cette glaçure n'est de toute évidence pas conçue pour émailler sur cru, car on voit que la glaçure est trop mince, et par conséquent rugueuse. Je referai donc le test sur pâtes colorées avec des tessons dégourdis.
Ensuite, je devais bien entendu tester toutes les glaçures que j'utilise à l'atelier sur la nouvelle pâte que je venais de développer!


Encore là, j'ai utilisé des tessons crus, donc ce ne sont pas toutes les glaçures qui ont bien sorti. Les glaçures les plus visqueuses ont donné un excellent résultat par contre! Et comme mes glaçures sont bien opaques, la couleur de la pâte ne semble même pas modifier la teinte de la glaçure (à l'exception de celles qui ne sont pas en couches suffisamment épaisse). Encore là, je pourrai faire de nouveaux tests avec des tessons dégourdis.
Finalement, il y avait une glaçure que j'avais envie de tester depuis longtemps, qui s'appelle Alberta Floating Blue (GA6-C).
Elle est composée de 80% d'Alberta Slip, de 20% de fritte 3134 avec un ajout de 4% de rutile. L'Alberta Slip étant le substitut développé pour remplacer l'Albany Slip, une argile commune à l'origine, je me suis demandée ce que donnerait cette même recette en utilisant de l'argile locale à la place.
J'ai fait les tests sur 3 pâtes différentes (encore une fois les tessons de pâtes colorées étaient crus alors que le tesson blanc était dégourdi ce qui affecte les résultats car sur cru, la glaçure est plus mince). J'ai aussi fait des tests en cuisson régulière à cône 6 (E2), mais aussi avec un refroidissement lent (E3), car ce dernier est supposé aider au développement du bleu de rutile.
Petit détail, j'ai mis 5% de rutile au lieu de 4%... Selon mes recherches, 5% de rutile devrait donner un bleu tendant sur le vert, plus opaque et plus pâle qu'à 4%.
Voici donc les résultats de la recette originale à cône 6 E2 :


Puis avec un refroidissement lent (E3) :


À ma grande surprise, le refroidissement lent n'a vraiment pas amélioré les résultats. Et même sur le tesson blanc, il y a des effets, oui, mais pas de Floating Blue... En E2 sur grès blanc, la photo donne l'impression que la glaçure a un peu envie de tendre vers le turquoise, mais en vrai, c'est plutôt beige en fait.
Maintenant, voici ce qui se passe lorsqu'on remplace l'Albany Slip par l'argile de Limoilou en cuisson régulière (E2):


Puis avec un refroidissement lent (E3) :


Comme vous pouvez le constater, absolument pas le même résultat! L'argile locale ne semble pas du tout réagir avec le rutile présent dans la glaçure...
Ce n'est donc pas un test très concluant, mais si on n'essaye pas, on ne saura jamais ;)
Cindy Labrecque tient à remercier le Conseil des arts et des lettres du Québec pour son soutien financier qui a permis la réalisation de ce projet.
